
Il n’a jamais été une véritable vedette, et ne s’est jamais pris pour une star, mais il a réalisé une très belle et longue carrière. A son palmarès, près de 1.500 victoires, le Derby et le Jockey Club turcs, 6 « Derby » autrichiens, 5 suisses, avec, dans ce pays, 7 « Jockey-Club », 12 « Saint-Léger » et 15 Cravaches d’Or…
Interviewé, pour le site des Jockeys, en septembre 2010, Jean-Michel Dreux ne se voyait pas ranger ses bottes de sitôt. Mais, le 5 décembre 2011, dans l’écurie de John Hammond, qu’il avait rejointe en mai 2010 (après un apprentissage chez Bernard Sécly, un passage chez Elie Lellouche et son premier Groupe français à la clef, 4 ans chez André Fabre, autant chez Jean de Roualle, et 17 ans chez Nicolas Clément), Jean-Michel a reçu un terrible coup de pied de cheval dans la hanche.
« J’ai pensé que ça allait se « tasser », au bout de quelques jours, m’a-t-il appris ce 26 janvier. Et j’ai fait la bêtise de reprendre le boulot… Résultat, l’hématome ne s’est pas arrangé du tout et, au contraire, l’inflammation s’est développée intérieurement, devenant très douloureuse. Plus possible de me mettre en selle, et je suis désormais en arrêt de travail depuis un mois et demi. Ce n’est pas très grave, en soi, mais j’ai toujours mal, et il faut laisser le temps au temps… »
Et que fait-il ?
« Je suis devant Equidia, et je regarde tout. C’est Vincennes, aujourd’hui, mais j’aime bien aussi… Dès qu’il y a des chevaux… Et je « cogite », aussi… »
Ce qui donne ?
« Rien n’est encore vraiment décidé, mais je n’ai pas redemandé ma licence et, dans l’état actuel des choses, les médecins ne me donneraient pas le feu vert. J’attends, donc. Mais, et tu es le premier à qui je le confie, il y a 90% de chances que je stoppe ma carrière. J’ai 49 ans, j’éprouve le sentiment d’avoir toujours exercé mon métier du mieux possible, je n’ai pas à rougir de mon itinéraire. J’ai une belle maison, ça ne marche pas mal pour mes fils, même si j’estime qu’ils ne bossent pas assez, d’eux-mêmes, et qu’ils pourraient faire mieux – mais, évidemment, c’est l’avis d’un père qui a connu d’autres écoles -, et je ne regrette rien… »
L’après ?
« J’ai plein d’idées, pour mon éventuelle reconversion. Je ne suis pas pressé, il faut que je réfléchisse bien à toutes les possibilités. Ce qui est sûr, ce sera avec les chevaux, de près ou de loin… »
Quand il est monté à cheval pour la première fois, lui qui n’avait rien à voir avec le monde hippique, à 12 ou 13 ans, Jean-Michel avait été victime d’une ruade en pleine tête, d’où 48 heures de coma. Le début, pourtant, d’une superbe aventure. Et si ce nouveau coup de pied (et du sort) était le départ d’une autre ?
Bonne route, Jean-Michel. Et… respect.
