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Les courses du 01 décembre 2019
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Brève

Le conte de Noël (Tous les chevaux du Roi). 2ème partie.

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Derrière cette extraordinaire statue d’or vivante suivaient le cheval du Don, l’iomud, le karabair et le kabardin, représentants russes des races anciennes, puis les plus jeunes, mais tout aussi orgueilleux kustanair, budyonny et baskirsky. Un peu en retrait venaient le voroncj, le tersky, le toric, le kirghiz et l’orlov, le trotteur soviétique.

Tous avaient le profil légèrement concave et les naseaux dilatés, trahissant ainsi le sang arabe qui coulait dans leurs veines. Et tous étaient montés par des cosaques djighites, dont les exploits, les acrobaties équestres des djighitovka avaient franchi les frontières pour parvenir jusqu’aux oreilles du roi Noël.

Contemplant les russes, le souverain était étonné d’un tel foisonnement de races, mais fasciné par la troublante beauté de l’akhal-teke. Il en était tombé amoureux dès le premier regard lointain, et le cheval, semblant s’en apercevoir, pointa ses longues oreilles effilées.

Par le sentier du sud, côte à côte, apparurent les portugais et les espagnols. Seul un œil averti comme celui de Noël pouvait parvenir à distinguer les deux races.

En effet, l’alter real portugais qui ouvrait la marche, ressemblait étrangement au célèbre andalou espagnol. Mais l’alter real, en provenance du Haras National de Villa de Portal, portait peut-être plus fier son exceptionnelle qualité de cheval de haute école.

Le petit poney garrano, portugais lui aussi, ne se laissait cependant pas impressionner et, du haut de ses 1,20 m, il essayait de toiser le sorraia, 1,30 m, qui faisait lire dans son œil blasé son très long passé. Il était le descendant direct de l’un des premiers chevaux domestiqués de l’époque.

Le lusitanio, cousin germain de l’andalou et de l’alter real, se recommandait de ses anciens et excellents services dans la cavalerie portugaise et de son nouvel emploi dans l’arène, où il devait faire face à un taureau jamais mis à mort.

Les espagnols, par leurs harnachements de cuir roux et leurs plumets multicolores, tentaient de se démarquer, mais ils ne pouvaient faire oublier leurs origines orientales. Les envahisseurs maures, en selle sur des pur-sang barbes et arabes, avaient amené leurs étalons de pères.

La blanche élégance de l’andalou, son encolure rouée, ses formes arrondies et son profil un peu busqué séduisirent Noël, toujours silencieux.

Venant du haras de Zapata, le plus réputé, un andalou noir et un alezan encadraient le blanc qui avait tant plu au roi.

L’hispano-arabe, élevé en Estremadure et en Andalousie, semblait sûr de lui. Ses hautes performances sportives l’autorisaient à tous les espoirs pour la grande course du soir.

L’excitation de Noël grandissait, comme la vague des arrivants. Tous les chevaux rivalisaient de beauté. Seule l’épreuve pourrait les départager.

D’un immense bateau spécialement affrété descendirent les mustangs et les broncos américains, arrière-petits-enfants des andalous des conquistadors espagnols. Avec eux venaient leurs fils, issus de croisements avec des chevaux européens importés par les anglais : le très rapide quaterhorse de Virginie et le gentil tennessee. Leurs cousins – de père mustang et de mère pur-sang anglais – n’étaient pas en reste. On notait le jaune paloimino, le pinto à la robe pie, et le tacheté appaloosa.

Profitant du voyage, le charro mexicain, malgré son mètre quarante, avait tenu à venir tenter sa chance. C’était le champion de la charreria, le rodéo mexicain. Son copain argentin, le criollo, lui avait emboîté le pas. Il avait conquis ses titres de noblesse au polo. Son frère, le cimarrone, bien que toujours à demi sauvage, était le partenaire préféré des gauchos de la pampa.

Le roi Noël fut très impressionné quand il apprit que, chaque année, les criollos, très endurcis, se livraient à une course d’endurance de plus de 750 kilomètres. N’était-ce pas parmi ces athlètes très entraînés qu’il fallait chercher le vainqueur ?

Peut-être pas, car, par la sente du nord-ouest arrivait, à pleine vitesse, le concurrent anglais, en selle sur un magnifique pur-sang bai. Il lui avait été donné par le roi Richard Cœur de Lion, qui avait croisé des étalons arabes avec des juments autochtones. Le résultat était splendide.

Paraissant poussés par les rayons du soleil de midi, les africains firent leur apparition. L’Afrique était (et est toujours) où le nombre de chevaux ne soit pas en régression. La terrible mouche tsé-tsé les cantonne pourtant au nord – jusqu’au lac Tchad – et au sud du pays. Le grand dongola, à la robe foncée eyt aux balzanes blanches, montrait le chemin au barbe et au très léger poney du Sahara qui, comme tous ses frères des sables, ne dépassait pas les 170 kilos pour son mètre quinze. Tous trois étaient montés par les fiers cavaliers Bariba, du Dahomey.

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