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On Refait les Courses
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Edito

Le cri du cœur de Cyriaque Diard !

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Hier, lundi 31 mars, à la « une » de « Paris-Turf », j’ai été très ému par le « Point de Vue » de Cyriaque Diard, que le professionnel avait sobrement intitulé « Baisser de rideau ».

Dans ses quelques lignes bien senties, et sans la moindre trace de haine ou d’aigreur, il expliquait pourquoi, le 9 mars à Senonnes-Pouancé, il avait sellé son dernier partant, suite à ses ennuis, depuis 2011 avec la MSA (Mutualité Sociale Agricole). Dans son billet, il n’esquive aucun chiffre, sur ses dettes, sur les ventes de galopeurs prometteurs qu’il a dû se résoudre à vendre pour tenter de « combler le trou », qui s’était aggravé par des pénalités fatales, sur ce qu’il avait déjà remboursé… D’ailleurs, lors de mon premier appel, aujourd’hui, il était en ligne avec son compatble.

Avant d’aller plus loin, une date, et des statistiques officielles :

Cyriaque Diard travaille auprès des chevaux depuis 1973. Installé entraîneur - il s’est établi à La Flèche, dans la Sarthe, depuis de nombreuses années - il a enregistré (NDR : données officielles de France Galop) un peu plus de 5.000 partants pour… 723 victoires et 2.323 places, et plus de 5.000.000 € de gains en compétition… C'est-à-dire que ces représentants ont fini 3 fois sur 5 à l’arrivée. Un ratio digne des plus grands…

Il a préparé le jeune champion Hélios Quercus, et d’autres de grande valeur, qui, hélas, ont connu des malheurs, comme Lutèce Heria, mortellement blessée à Longchamp ou Marchando, qui n’a pas survécu à un cancer.…

Le jockey Alexandre Roussel résume parfaitement Cyriaque : « C’est un homme hors du commun. Professionnellement et humainement parlant. »

Je peux en témoigner. Un exemple entre mille : sur sa piste d’entraînement, pour les obstacles, il a été le premier à entourer les barres d’appel de pneus, pour que, même maladroits, au début, ses élèves ne se blessent pas.

« J’ai toujours veillé au confort de mes chevaux…. »

Et, si vous voulez vous faire une idée de l’Homme, voici ce qu’il m’a déclaré, ce mardi en fin d’après-midi.

« J’ai perdu une bataille, mais pas la guerre… C’est ce qu’on dit dans ces cas-là, non ? Aujourd’hui, je suis sur le banc des accusés, je ne suis plus entraîneur depuis trois semaines. C’est évidemment très regrettable, mais ce n’est pas foncièrement grave. Il vaut mieux qu’une tête tombe, plutôt que 200, dans quelques mois. C’est cela, qui est important ! Les jeunes, qui deviennent entraîneurs, il faut les aider, et les protéger. Beaucoup ne savent pas ce qui les attend… Mais, ce que je veux dire ouvertement, et je date et je signe, c’est que les charges, au galop, au trot, et même dans les centres équestres, sont trop lourdes. Je n’ai rien contre la MSA, même s’il faudrait peut-être revoir certains paramètres, rien contre le « système », et surtout rien contre France Galop. Pourtant, ces charges m’ont coûté mon entreprise, qui a été mise en liquidation judiciaire… »

« Toute la filière des courses est génératrice d’emplois… Mon année 2013 n’a pas été bonne, pour diverses raisons, mais, précédemment, j’ai salarié jusqu’à 17 personnes… Les éleveurs, les propriétaires – qui sont toutefois souvent dissuadés par la TVA d’investir – et les écuries, créent ou assurent des emplois… Un éleveur, un propriétaire, un entraîneur, qui « disparaît », et c’est souvent beaucoup  de  gens qui vont pointer à Pôle Emploi… Bien avant moi, des « Maîtres », comme Wladimir Hall ou Maurice François, qui m’a appris le métier, ont dû mettre la clef sous la porte… Un « géant » comme François Boutin avait également connu des soucis, en fin de carrière… Et ces charges ne font qu’augmenter.  Je suis inquiet pour le monde des courses, voire la société actuelle… »

« Et, allez-vous vous retrouver « à la rue » ? » me suis-je risqué à lui demander.

Trouvant la force de rire gentiment, il m’a rassuré : « Je surveille mes arrières. Par morale professionnelle, j’aurais pu relever le défi, mais, en dehors de la MSA, il faut des gens qui suivent… Pour l’instant, je suis « au fond de la cave », mais j’ai 55 ans – donc pas encore l’âge de la retraite –, j’ai des enfants, et je me dois de « rebondir ». Et c’est dans mon tempérament, de « rebondir ». Pour l’instant, je me pose, je dois réfléchir avant d’agir… Mais j’aime trop les chevaux pour ne pas revenir dans l’univers hippique. »

Puis il a ajouté : « Je le répète, mon exemple doit servir aux générations suivantes… Je vis tout cela du mieux que je le peux, comme j’ai toujours fait, en tout, mais sans haine, ni aucune jalousie. D’ailleurs, je ne connais pas ces deux mots. »

Bonne route, Monsieur…

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