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On Refait les Courses
Les courses du 01 décembre 2019
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Edito

Conversation avec le régisseur du Haras du Pin

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Ce dimanche 30 novembre, jour de Fête des Régions, à Vincennes, un déjeuner officiel rassemblait, entre autres, les Présidents des Sociétés des Courses concernées par le passage du Grand National du Trot 2014, et bien d’autres acteurs importants de la filière.
C’est ainsi que, par un heureux hasard, j’ai été placé à la table « Saint Galmier », que j’ai dû quitter à plusieurs reprises (« un peu de travail » oblige) aux côtés de Tanneguy de Sainte Marie, le régisseur du domaine du Haras du Pin.

L’homme est aussi passionné que passionnant, et je vous rapporte ici quelques bribes de notre conversation. Bien entendu, il a vite été question de l’implantation du site GDE (Guy Dauphin Environnement – voir tous les épisodes de cette lamentable « saga » sur notre moteur de recherches), méga décharge de déchets ultimes prévue à quelques kilomètres du « classé monument historique » Haras du Pin. Evidemment concerné, mon interlocuteur n’a pas éludé le problème, mais m’a exposé posément :
« Quand j’ai pris mes fonctions à Nonant, il y a cinq ans, les terres qu’ont achetées GDE ne faisaient l’objet d’aucune convoitise. Aucun des haras environnants ne s’y intéressait, pour diverses raisons : les terrains étaient trop humides, ou trop ceci, ou trop cela…Bref, cette vaste zone, située entre la route nationale et la voie ferrée ressemblait à un « no man’s land ». Ensuite, avant d’arriver dans l’Orne, j’exerçais, dans la même branche, dans le Morbihan. Et je peux vous assurer d’une chose : dès que les Bretons avaient vent d’un projet de future installation d’une usine potentiellement « pollueuse » ou d’une entreprise du même genre, même si l’échéance était fixée à des années plus tard, ils faisaient immédiatement savoir leur désaccord.

Ils bondissaient littéralement… Et ils ont sans doute, ainsi, évité bien des désagréments… Ici, à Nonant, j’ai eu le sentiment que les bas-Normands ont réagi quand les premiers camions de GDE sont arrivés pour déverser leurs déchets… Ne croyez surtout pas que je cautionne cette affaire, mais je constate, simplement. Maintenant, j’ose espérer que les opposants auront gain de cause, mais ce n’est malheureusement pas signé… »
Quand au Haras du Pin, et ses environs, par lui-même, Tanneguy de Sainte Marie m’a appris :
« Les Jeux Mondiaux Equestres ont donné un coup de projecteur sur le Haras, et ont eu un effet de « starter »… Des travaux étaient en cours, avant ces « olympiades », ne serait-ce que sur la grande grille et la cour d’honneur, mais, par une sorte d’effet « boule de neige » des élus se sont intéressés à notre ensemble et, je touche du bois, tout va dans le bon sens… Il s’agit, tout de même de 1.100 hectares, et le Haras ne se résume pas à la grande grille et à la cour d’honneur… Il y a les prés, les forêts, les rivières, les étangs, la faune et la flore, tout autour, sans parler de l’hippodrome du Pin-au-Haras… Il ne faut pas s’arrêter aux chevaux, qui sont cependant les emblèmes vivants de notre site, mais il y a les cerfs, les animaux sauvages, les bovins, qui complètent parfaitement et favorisent les herbages, en alternance avec les équidés… Le public est parfois étonné de voir des vaches, là où il s’attendait à trouver des percherons… mais tout est étudié pour que Dame Nature se porte le mieux possible.

Dans le même ordre d’idées, quand nous abattons de vieux arbres – et que n’entendons-nous pas, alors, de la part des écologistes – c’est pour permettre une repousse naturelle, un renouvellement positif des espaces naturels… Il y avait six étangs, en bien triste état… Nous en avons réaménagé deux, en les remodelant pour leur redonner leur image, et réalité, d’origine… L’un deux a d’ailleurs servi de bassin de réserve pour arroser les pistes et autres carrières des Jeux Mondiaux, mais il a tant plu, cet été, que nous n’en avons pas eu l’utilité… De même, le champ de courses a besoin d’un sérieux coup de rénovation, notamment les tribunes… Tout va se faire, comme l’édification, par exemple, de miradors d’observation, ouverts aux spectateurs, pour admirer les aigrettes et autres échassiers habitant les marais de cette zone préservée… Quant à nos chemins, au milieu des nappes phréatiques et de nos cours d’eaux, ils vont être, petit à petit, comme nos bâtiments, éclairés grâce à des éoliennes… Je vous rassure tout de suite, pas celles que l’on voit au bord des autoroutes, mais de petits appareils, spécialement conçus pour notre pays des merveilles, qui se situe au milieu de nulle-part… » 

Après une petite pause, me voyant captivé, il reprend : « J’estime que nous avons, devant nous, 20 ans de travaux à effectuer… Le Haras ayant, hélas, perdu, « l’étalonnage », il faut mettre en place d’autres activités, ou curiosités à dévoiler, pour attirer les visiteurs, de France et de l’étranger. A ce sujet, le « Tournebride », l’établissement qui se trouvait juste en face du Haras, de l’autre côté de la nationale, est fermé depuis un moment, et tombe littéralement en ruine (NDR : je peux en témoigner). Je ne désespère pas de le voir remplacé par un grand hôtel-restaurant… Vous voyez, nous avons du pain sur la planche… ».

Et, comme je le priais de m’excuser de ne pouvoir rester davantage, le régisseur du domaine m’a donné sa « carte », me précisant.
« N’hésitez pas… Je serais heureux de vous recevoir et de vous emmener sur nos 1.100 hectares, dans tous les recoins… »
Je sais ce qu’il me reste à faire, dès que j’aurai deux ou trois jours de congé, après le meeting d’hiver…

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