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Edito

Nicolas Blondeau : quand la « magie » s’explique…

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Je vous ai parlé de lui à plusieurs reprises. Récemment, Anne-Sophie Pacault, dans ces colonnes, évoquait la chance qu’elle avait eue de pouvoir suivre un stage chez cet homme de cheval hors du commun.

Lundi 11 mai, il m’a téléphoné à deux reprises, car il avait été prévenu par des amis que je lui avais accordé « quelques lignes » sur ce site (voir « brève », « Et vint le « faiseur de miracles » »…), quand Christiane Head-Maarek l’a appelé à la rescousse pour aider son grand espoir, Epicuris, a daigner entrer dans sa stalle de départ (le 3 ans avait dû être déclaré non-partant, dans l’important Prix Greffulhe, suite aux grandes difficultés qu’il avait manifestées devant les boîtes, puis son refus catégorique d’y pénétrer).

Lundi matin, justement, de nouveaux essais avaient été effectués, et ils ne s’étaient pas avérés concluants. Nicolas Blondeau m’a alors informé : « C’était sans doute un peu trop frais dans l’esprit du poulain… Pas question de « repasser », dans ces conditions, devant les Commissaires. Nous avons fait reporter l’échéance et, dès demain matin, mardi, Epicuris arrivera chez moi, à Saumur… A moi de jouer, car le nouvel examen est prévu vendredi… »

Comme promis, voici le reportage que j’avais consacré, pour l’album du Gala des Courses 2011 (comme le temps passe !...), à celui qui parvient à saisir, chez l’animal, ce que personne, ou presque, ne ressent…

« C’est lui qui a permis à la championne Goldikova d’admettre pénétrer, de nouveau, dans les stalles de départ, sans poser le moindre problème. C’est lui qui s’occupe de tous les chevaux « difficiles », au galop comme, désormais, au trot, ramenant un « démon électrisé » au rang, qui était sien au départ, d’ange surdoué… Les meilleurs professionnels font appel à lui quand, brusquement, leur « espoir » se mue en déception. Nicolas Blondeau, qui ne veut surtout pas qu’on le qualifie de « chuchoteur », n’a l’air de rien, à première vue. Pourtant, agréé comme formateur de la discipline « Equitation éthologique », il a reçu, en 2006, la médaille de Vermeil de l’Académie d’Agriculture, qui récompense des « responsables de travaux récents et encore peu connus, mais dont il apparaît déjà clairement qu’ils auront des conséquences importantes. »

Et puis, quand on fixe son regard, que son sourire relève un coin de sa bouche, on comprend… L’homme, lui-même, a tout compris, et la « Force » est en lui…

Il corrige aussitôt : « Je n’ai rien « compris », je n’ai fait que saisir, adapter, à la rigueur, des méthodes ancestrales… Le cheval était présent, au quotidien, les siècles derniers. Avec le progrès, nous avons oublié, voire perdu, quelque part, le cheval. Les militaires, quand l’infanterie était d’actualité, ont écrit des traités d’équitation, des « guides » de dressage, qui n’ont toujours pas leurs pareils. »

Il oublie simplement son propre ouvrage : « Le débourrage ».

« Je n’ai rien inventé, je ne fais qu’appliquer des méthodes qui, quand on y réfléchit, sont tellement « basiques », qu’il n’y a pas de quoi en être fier… »

Fier. Le mot est lâché, comme ceux qui vont en découler.

« Faire fortune ? Pourquoi ? On ne mange que trois fois par jour. Le bonheur se trouve auprès de ceux, comme les équidés, aussi, qu’on aime. Il ne s’achète pas. Durant des années, en tant qu’expert dans une compagnie d’assurances, j’ai partagé ma vie entre Paris, où j’allais « assurer », c’est le cas de le dire, la « matérielle » pour ma famille et mes quelques chevaux, et Saumur, où tous résidaient. En 1995, j’ai pu codifier réellement mes principes, en 2003, j’ai publié mon livre et, depuis 2004, et mon départ en retraite, ouvrir l’école, pour les animaux, comme les humains… »

Animaux, humains. Ecole. Paradoxe.

« Avant de vouloir dresser un poulain, il faut que… l’homme, soit dressé ! Qu’il ne soit pas dans un état d’esprit de maître absolu, qu’il échange tirages et tensions sur le licol ou le « filet », plus exactement, en parfaite harmonie, que le cheval soit sûr d’avoir son « mot » à dire, mais que le cavalier ait le dernier, en douceur. Rendre « la main » avant de la reprendre. »

Hommes ?

« Chaque année, des membres de la Garde Républicaine viennent suivre des stages. Ils en ressortent avec  un autre sentiment, vis-à-vis des animaux. L’AFASEC, de la province, puis, désormais en région parisienne, m’envoie aussi des apprentis, ou des employés plus âgés qui doivent se reconvertir. Ils repartent souvent heureux de ce qu’ils ont, sinon découvert, tout au moins appris, et, sur un plan professionnel, ils s’en trouvent plus appréciés de leurs employeurs. »

Chevaux ?

« J’en ai vu plus de 2.000. Certains étaient devenus très difficiles. Mais tous sont les mêmes, globalement. Les « cas » n’ont pas bien assimilé leur débourrage, ce qui entraîne ce que nous jugeons comme des défauts dans leur comportement. Et, là, c’est, généralement, pour la vie. Il suffit de reprendre leur éducation depuis « zéro », de « corriger », sans violence aucune, jamais, ces points particuliers, et tout rentre dans l’ordre. »
Il esquisse quelques phrases riches d’enseignements, à la volée : « Un poulain en liberté, dans un paddock, couvre, de lui-même, environ 17 kilomètres par jour… ». Ou encore : « Le cheval, s’il « fonctionne » beaucoup de par sa mémoire, n’a pas la notion du temps, et tant mieux pour lui, quand il est parfois confiné de longues heures dans son box… L’idée d’éternité, à nous, humains, nous serait sans doute insupportable. Lui n’en a cure. »

Comment avoir persuadé Goldikova de ne plus faire de difficultés au départ ? Un secret ?

« Pas du tout. Je ne me prétends pas le détenteur exclusif d’une « méthode ». Mon but est de faire partager ce que j’ai pu dégager de tout mon acquis, de tout mon vécu : la jument de Freddy Head ne voulait plus entrer dans sa boîte de départ. Bien. On a tout recommencé. Je l’ai reprise, gentiment, à la longe. De fil en aiguille, elle a accepté de monter dans un van d’une place. Je l’en ai descendue, toujours aussi calmement. Je l’y ai faite remonter, elle en est redescendue, et, au bout de quelques manoeuvres identiques, elle ne manifestait plus la moindre réticence… »

Les entraîneurs de renom font appel à ses services : de Freddy Head, bien sûr, à Guy Chérel, en passant par Jean-Pierre Dubois, Pierre Levesque, la championne de concours hippique Marie-Christine Duroy-Laurière ou Jean-Paul Gallorini qui, tous ne tarissent pas d’éloges sur ce que d’autres qualifieraient de « miracles ».
Lui se contente de dire : « J’ai une chance incroyable… La chance d’exercer le métier qui m’a toujours tenté, de côtoyer toutes ces grandes personnalités qui m’apportent tant, de me voir confier d’authentiques champions… Incroyable ! »

Mais, l’incroyable, c’est son travail extraordinaire, qui touche à la magie ou au divin, bien qu’il s’en défende, sous le couvert de l’irremplaçable instruction prodiguée par nos aînés « équestres ».
La conclusion, sera pour Freddy Head : « Nicolas Blondeau m’a « soufflé »… Avec Goldikova, évidemment... Mais j’ai vu aussi d’incontrôlables jeunes yearlings arriver dans la cour, le matin. A midi, il les montait… Et je ne parle pas de son merveilleux livre… Nous avons tous, toujours, beaucoup à apprendre… »

Et il n’y a pas que les chevaux que ce grand Monsieur fascine…

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