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On Refait les Courses
On refait les courses du 06 octobre 2019
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Edito

Nègre du Digeon : la belle histoire continue

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Publié le par

Dès que je l’ai rencontré, j‘ai tout de suite eu des "atomes crochus", avec Jean-Noël Le Denmat. Nous parlions la même langue, le "cheval", et partagions le même état d’esprit. Breton d’origine, il avait été jockey pour la grande écurie de Noël Pelat, avant de ranger ses bottes et de décider de voler de ses propres ailes, en tant qu’entraîneur, en 1986.

Le jeune homme avait commencé sa nouvelle carrière avec un seul cheval, Quai Voltaire, qu’il avait "racheté" au boucher de Maisons-Laffitte, et avec lequel il allait signer son premier "tiercé", en plat. Reconnaissant, sans doute, le "miraculé" allait devenir une "bête à événements". Bien que n’ayant toujours été à la tête d’un petit effectif, Jean-Noël allait encore faire parler de lui avec, entre autres, Hot Buck, ou, en obstacle, le très bon Furius…

Le dernier reportage que je lui avais consacré – il avait alors déménagé à Chantilly, en compagnie de sa future femme, une émérite cavalière suisse – concernait un galopeur qui n’avait pas véritablement défrayé la chronique sur les pistes… L’animal, victime d’une très grave atteinte, était condamné par les vétérinaires… A force de pansements (j’ai assisté à un changement de "gaze", et quelle horrible plaie béante, à désinfecter plus que régulièrement, et qui vous faisait froid dans le dos !), de plâtrages légers, quand tout allait un peu mieux (le cheval avait compris qu’il n’était plus question, pour l’instant, de "gambader"), de soins et, surtout, d’amour, le dit galopeur n’a, certes, pas revu un champ de courses, mais a pu couler une paisible retraite…

Je savais Jean-Noël parti en Suisse, au pays de son épouse, et que deux fils avaient agrandi son cercle familial, mais je n’en avais plus de nouvelles. Et puis, un soir, en 2011, je l’ai aperçu sur Equidia, en compagnie de mon confrère Denis Roux, pour une réunion en semi-nocturne à Avenches, là où il réside depuis maintenant 17 ans. Il s’agissait de sa première apparition à la télévision, en tant que "consultant", et, un peu plus tard, j’avis prié Denis de transmettre mes amitiés à Jean-Noël…

Miracle : hier, jeudi 14 mai, j’ai reçu un coup de fil, et le numéro indiqué commençait par : "00.41". Qui pouvait bien m’appeler de Suisse ?

"Allo ? Jérôme Bernardet ?"

"Oui…"

"Ah, super, c’est Jean-Noël Le Denmat, j’ai fouillé dans mes vieux agendas et je n’étais pas sûr que tu n’aies pas changé de téléphone… Comment vas-tu ?"

Vraiment heureux de l’entendre, nous avons échangé un bon moment et… un bon moment. 

Arrivé dans son pays d’adoption, il avait voulu continuer son métier, mais il m’a expliqué : "A l’époque, en Suisse, les chevaux de course ne pouvaient représenter qu’un hobby, et surtout pas une profession rentable. A force de me lever à l’aurore en me disant qu’aujourd’hui encore, j’allais perdre de l’argent, j’ai décidé de changer mon fusil d’épaule… Mais je voulais garder un pied dans ce milieu, que je ne pouvais pas vraiment quitter. Aujourd’hui, je suis Commissaire à Avenches, et je viens de temps en temps dire des "con…" sur Equidia. Je revois des tas de gens, qui font le déplacement pour les belles épreuves, Yann Porzier, François Rohaut et bien d’autres, sans parler des jockeys, et, en général, après les courses, nous nous réunissons autour d’un verre ou d’une table…  C’est vraiment sympa…"

Et Jean-Noël de me raconter une histoire. Une belle, comme il sait les faire devenir réalité.

"Tu te souviens de Nègre du Digeon ? (NDR : je lui réponds que oui, que ce très bon trotteur avait été sous la férule de Matthieu Abrivard). C’est ça… Eh bien, il avait connu un problème récurent de jarde (NDR : tumeur calleuse sur la face externe du jarret)… Son propriétaire, Monsieur Leomy, me l’a envoyé, ici, pour que j’essaye quelque chose… Nègre avait alors 170.000 euros sur son compte en banque… J’ai pris mon temps, lui ai pratiqué tous les soins nécessaires, et il a pu retourner à Vincennes, et ailleurs… Il a finalement glané plus de 1.100.000 € (NDR : 1.137.010 €, pour être précis)… Monsieur Leomy m’avait promis : quand il sera atteint par la limite d’âge, en France, il retournera chez vous… Et l’homme a tenu parole… Nègre a d’abord couru, ici, améliorant son record, 1’12’’1, puis remportant notre Circuit, et puis, quand je l’ai senti vieillir (NDR : il a eu 14 ans au 1er janvier 2015), je l’ai arrêté… Il est à la maison, je m’en occupe tous les matins, et il "pète le feu"…"

Tu n’as pas changé, Jean-Noël. Et c’est tant mieux…

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