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Edito

André Lerenard : l’une de mes plus passionnantes rencontres

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Publié le par

C’est avec beaucoup de tristesse que j’ai appris le décès accidentel, à 77 ans, d’André Lerenard.
Dans les années 80, alors qu’il s’était déjà fait remarquer avec Héros de Biziat, un "héros" aux jambes d’argile, il avait de nouveau "sorti" un trotteur hors du commun, Merkel.

Il était installé, avec sa famille à La Guerche-sur-l’Aubois, près de Nevers. Il avait accepté de nous recevoir dans son établissement, pour un reportage, avec le photographe qui m’accompagnait toujours, Tony Grylla… Partis à l’aube, nous sommes arrivés chez lui dans la matinée, pour découvrir un petit homme trapu, de bonne corpulence, qui parlait aussi vite que se bousculaient les idées dans sa tête visiblement bien faite. Nous avions fait le tour de l’écurie, parlant "cheval", et il nous promenait ses meilleurs éléments pour la plus grande joie de Tony.

Puis il nous avait conviés à l’apéritif, suivi d’un déjeuner où sa très élégante épouse, Joëlle, avait mis les petits plats dans les grands… Et là, quelle découverte !

André nous a appris qu’il avait commencé sa carrière dans la pâtisserie, devenant même Meilleur Ouvrier de France, diplôme à l’appui, tout en se consacrant parallèlement à sa passion, la "colombophilie de concours"… Durant son Service National, effectué chez les pompiers, il avait même réussi à convaincre le Capitaine de le laisser construire un petit pigeonnier sous le toit de la caserne… Et, aujourd’hui, même si son amour des chevaux était devenu le plus fort, d’où son revirement de situation, il continuait à élever et dresser des oiseaux magnifiques, comme en témoignaient ses plusieurs titres de "Champion du Monde" encadrés dans son bureau…

"Cela vous intéresse ?, nous avait-il lancé. Oui, alors, suivez-moi, avant de passer à table…"

Un petit bâtiment entier était consacré aux volatiles… Il les attrapait, leur parlait comme à des enfants, ses yeux brillaient de plaisir devant cette beauté qu’il avait su, par ses croisements, créer, plus intéressante, parce que vivante, que les magnifiques pièces montées qu’il avait réalisées – photos le montrant – ou les stucs de sa composition qui décoraient, avec un art évident, ses gâteaux. Tony se régalait (pas des gâteaux, mais des clichés qu’il pouvait "voler", sans jeu de mots avec les oiseaux, et sans être "posés"). Bluffant…

Durant le repas, il nous avait aussi confié, avec confirmation de Joëlle, tout aussi "mordue" que lui, son goût immodéré pour l’opéra et la grande musique… La chaîne stéréo de grande qualité fonctionnait très souvent, et, quand c’était possible, une jolie soirée à écouter les plus grandes divas, dans les villes alentours.

Attiré par un cadre posé sur la cheminée, je demandais qui était ce beau trotteur à l’air si fier.

"C’est Héros de Biziat…" avait-il précisé, d’une voix teintée à la fois d’amour et de regrets. "Un champion, qui aurait eu une autre carrière encore si ses jambes avaient été à la hauteur de sa puissance… J’ai tout fait pour le soigner, je parvenais à le remettre sur pied mais, quelque temps plus tard, il souffrait de nouveau…"

Et là, vous n’allez pas croire ce qu’André Lerenard avait inventé, avant tout le monde.

Une "thalassothérapie" à sa façon, et dont personne, avant lui n’avait eu ne serait-ce qu’un fantôme d’idée.

Nevers n’est évidemment pas au bord de la mer… Limité, pour les baignades… En revanche, un grand étang s’étendait, non loin de l’écurie, mais sans aucune installation, bien sûr, avec des rives "sauvages", et il n’était pas question d’y laisser nager Héros tout seul. Alors, André avait récupéré (j’ai vu les photos) une gigantesque chambre à air de pneu de camion, s’était acheté une combinaison d’homme grenouille, et par un ingénieux système de harnachement, il "attelait" son cheval à son sulky "aquatique". Ainsi, tirant son entraîneur installé sur sa bouée, Héros pouvait nager sans aucun risque d’aller trop loin ou… de ne pas revenir !

Nous nous étions ensuite revus, et il m’avait montré ses nouveaux "bébés" oiseaux, les nouveaux titres de Champion qu’il était allé gagner en Angleterre, en Belgique ou ailleurs, mais voilà les premiers souvenirs que je garde de cet homme hors du commun.

A chaque fois que je rencontrais Loïc, l’un de ses trois fils, devenu entraîneur en 1990 et à qui André a su inculquer la gentillesse, le sens du travail et de l’amitié, je lui demandais des nouvelles de son Père. Invariablement, il m’indiquait qu’André vieillissait, bien entendu, mais que tout allait bien, qu’il s’occupait toujours autant de ses oiseaux, et qu’il avait d’ailleurs encore décroché des Prix.

Mes plus sincères condoléances, à toi, Loïc, et à toute la famille.

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