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Edito

Licence suspendue : Romain Le Dren Doleuze crie son innocence !

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Apprenant, avec stupéfaction, la nouvelle de la suspension de sa licence d’entraîneur, j’ai laissé un message sur le répondeur de Romain Le Dren Doleuze, ce samedi 28 novembre. Moins d’une heure plus tard, le jeune homme me rappelait, manifestement blessé, meurtri, et en colère…

Blessé, meurtri, il l’avait déjà été. Dans sa chair. Il y a trois ans et demi, alors qu’il se rendait au boulot sur l’hippodrome de Deauville, un matin, une mauvaise conductrice n’a pas respecté un stop. Lui et sa compagne, Marine, étaient à scooter… Un choc terrible, douze fractures à eux deux… Romain avait la jambe brisée, broyée, à plusieurs niveaux, tibia, péroné, malléole… Un mois d’hôpital, six de rééducation, quatre broches, un an sur la touche et licence de jockey irrécupérable. Romain n’avait jamais eu de prétentions de « Cravaches d’Or », mais il gagnait honnêtement sa vie, avec 60 victoires en France, 150 à l’étranger, notamment en Tunisie, où il avait terminé tête de liste à deux reprises… Tout cela en vivant sa passion… Et c’est justement parce que cette passion du cheval ne l’a jamais quitté, à l’image de son père, Georges, que Romain a passé sa licence d’entraîneur…

Installé, à Deauville, depuis le printemps, seulement, et à la tête d’un tout petit effectif, il n’a cependant pas tardé à se faire remarquer, en particulier grâce à sa Sant’Amanza, vedette des quintés et, pourtant, « miraculée », comme lui…

Et puis, lui tombe sur la tête cette grosse « tuile », imprévisible. «…du fait de son comportement, le service central des courses et jeux estime que M. Romain Le Dren Doleuze ne remplit plus les garanties nécessaires pour exercer une profession réglementée et maintient donc sa demande de retrait d’agrément. »

Au bout du fil, Romain en est suffoqué :

«  "à titre conservatoire, pour manque de moralité…", je cite… Mais de quelle moralité parle-t-on ? Mon casier judiciaire est vierge, je n’ai jamais troublé l’ordre public, et, côté professionnel, je n’ai jamais employé qui que ce soit « au noir », je n’ai jamais dopé l’un de mes représentants, tous les prélèvements le prouvent, aucun de mes élèves n’a jamais « fait le tour », je ne suis mêlé à aucune affaire de jeux, je n’ai commis aucune malversation et je n’ai jamais triché. Je vous jure sur ce que j’ai de plus cher que je n’ai rien, mais rien, à me reprocher. J’ai toujours rempli les conditions nécessaires, n’ai jamais rien fait qui puisse mettre en péril la crédibilité des courses… »

Ceci « posé », il poursuit : « On me prive de mon travail sans la moindre condamnation… Un travail que j’exerce avec amour, il paraît même que je suis trop méticuleux… J’ai toutes les « casquettes » : entraîneur, jockey du matin, lad, garçon de voyage, car c’est moi qui conduit le camion pour emmener mes chevaux sur les différents hippodromes, je suis « d’écurie du soir », après notre retour, souvent tardif…Depuis que j’ai obtenu mon « carton », je n’ai même pas pris une matinée de congé. Aujourd’hui, je n’ai donc plus de revenus, et, pour la législation, je suis un travailleur handicapé… Il faut croire que je représente un danger potentiel… »

« Ce qui est incroyable, dans cette histoire de fou, c’est que je n’ai jamais eu la moindre condamnation, et que la police des jeux n’est pas la justice… Elle est là, effectivement, pour faire appliquer ces dites décisions de justice… Où va-t-on ? Dès lors, tout le monde, tous les professionnels, et certains me l’ont dit, ont comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête… Répond-t-on à tous les critères de la « moralité définis par ces Messieurs ? Pourtant, logiquement, tant qu’on n’est pas déclaré coupable, on est présumé innocent, non ? Et le droit au travail est un droit fondamental… »

Pour être « transparent », il  faut signaler que le Ministère de l’Intérieur (dont dépend la police des jeux) se retranche derrière « une demande de retrait d’agrément est une mesure de police administrative et non une sanction administrative, destinée à prévenir les atteintes au bon déroulement des courses hippiques et des paris dont elles sont le support, et à préserver ainsi l’ordre public… ». Par ailleurs, j’ai su, par une autre source, que l’auteur de cette demande de retrait d’agrément a été muté…

Romain Le Dren Doleuze a déposé une requête devant le tribunal administratif de Caen en référé pour suspendre cette décision que France Galop a rendue le 15 octobre.

L’intéressé a conclu notre long entretien par : « Etant donc actuellement en « procédure », je ne peux pas tout dire… Mais je vous affirme que la sanction prise contre moi n’a aucun fondement professionnel. C’est extra professionnel et touche à ma vie privée, sans aucun rapport avec mon métier. Dès que le jugement sera rendu, la semaine prochaine, en principe, je vous promets de tout vous raconter… Et vous n’en reviendrez pas ! Maintenant, Jérôme, pardonnez-moi pour mon ton un peu emporté, mais je ne dors plus, je sais que c’est encore une mauvaise soirée qui m’attend, nous ne savons pas ce que nous allons devenir, et, surtout, mon honneur a été bafoué… Et hélas, même lorsque j’aurais démontré mon intégrité et que tout le monde s’interrogera sur le bien fondé de ce qui m’est arrivé, et qui, en réalité, a écorné l’image du monde des courses par des « vagues inutiles » dont une certaine presse est friande, il en restera toujours quelque chose…»


Je ne peux être juge et partie, mais je peux garantir que tous ces cris de colère étaient… criants de sincérité. 

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