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On Refait les Courses
Les courses du 21/10/2018
Tout savoir sur l'hippisme

Histoire des courses : les temps modernes

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Publié le

L'hippodrome de Deauville-La-Touques (illustration)

De Louis XIV à la révolution française...

En France, c'est sous le règne de Louis XIV (1638-1715) qu'il est fait pour la première fois état de courses hippiques – la Cour étant en perpétuelle quête de nouveautés et de frissons, ces courses sont considérées à l'époque comme un passe-temps prisé des nobles, un divertissement parmi tant d'autres. D'ailleurs, certaines courses déchainaient véritablement les passions. En voici un exemple relayé par Louis-François du Bouchet, marquis de Sourches, dans le treizième volume de ses mémoires publiées par le comte de Cosnac et Arthur Bertrand, chez Hachette, à Paris, de 1182 à 1893 :

Un jour qu'on faisait une course de chevaux dans la Garenne de Saint-Germain-en-Laye, où un cheval de M. de Vendôme avait couru contre un cheval de M. le Grand, la dispute s'échauffa entre ceux qui avaient parié, sur ce que le parti de M. de Vendôme assurait que leur palefrenier anglais, qui courait leur cheval, s'était laissé corrompre par les émissaires de l'autre parti. Et les choses en vinrent si loin que M. le duc de Gramont, qui était du parti de M. de Vendôme, ayant donné une espèce de démenti à M. le Grand, il lui répliqua par une espèce de coup de poing et lui arracha sa perruque.

Évidemment, on attribuera ces heurts à la ferveur occasionnée par une passion naissante bien plus qu'au seul souci d'une certaine fierté.

Un nouvel essor va être atteint sous le règne de Louis XVI (1754-1793) avec la multiplication des courses. L'engouement de son épouse, une Autrichienne, ainsi que celui d'une jeunesse aussi oisive que bien née – parmi ses représentants figure d'ailleurs le comte d'Artois, frère du roi – ne sont pas étrangers à l'affaire. Il faut dire que Marie-Antoinette se délecte particulièrement du spectacle des courses.

Les premières courses se disputent dans la plaine des Sablons. En 1776 et 1777, un premier tournant va avoir lieu avec une reine qui finit par se lasser – et la Cour avec elle. C'est précisément le moment où le roi, lui, va s'y intéresser de plus près…
S'il les a longtemps méprisées, quelques-uns de ses ministres n'oublient pas de lui en parler et de lui faire la démonstration de l'utilité de celles-ci… Ils font ainsi porter à sa connaissance un ouvrage paru à Londres en 1778, sous la plume du comte de Lauraguais, intitulé Mémoire inutile sur un sujet important. Selon celui-ci, les courses hippiques sont le meilleur moyen de renforcer la défense du pays à un coût maîtrisé que le souverain sera parfaitement en mesure d'exercer. De plus, la mise en place de courses, sous son autorité, permettrait de réaliser une économie considérable en évitant "le commerce de fripons et de dupes qui achètent leurs chevaux sur l'horoscope qu'ils en tirent."

C'est logiquement que les  premières courses officielles et réglementées font leur apparition : on les appelle les Prix du Roy. Il y en a 23 qui sont courus dans le bois de Vincennes. Au début, ces courses sont ouvertes seulement aux juments et se disputent du 2 avril 1781 au 26 avril 1783. Henri Bertin (1720-1792), ministre du royaume de France, met alors en place un premier règlement, composé de 17 articles largement inspirés de ceux édictés en Angleterre : il s'agit du Règlement que le Roy entend être observé dans les courses de Juments, pour lesquelles Sa Majesté a défini des prix.

Dans le premier de ces articles, il est demandé aux propriétaires de présenter à un émissaire de la police les juments qu'ils entendent faire courir au moins 8 jours avant l'épreuve. Dans le deuxième article, il est stipulé que le propriétaire confiera, par écrit, les noms du père et de la mère de l'engagée, son année et le lieu de naissance : "sur la foi de ce certificat, elle sera admise sans difficulté."

Article 12 : Avant et après chaque course et reprise, les monteurs seront pesés en présence et à la satisfaction des personnes commises pour faire observer aux dits monteurs, les poids et conditions des courses. Dans le cas où il s'en trouverait quelqu'un qui refuserait ou négligerait de se faire peser, il sera déclarée, par le Commissaire du Roy, incapable de ne jamais courir pour les Prix de sa Majesté, et la course qu'il aurait faite serait nulle.

Article 13 : Si aucun monteur croise, pousse ou frappe une autre jument, en courant, il sera exclu pour toujours de courir dans les prix du Roy, et si c'est lui qui gagne le Prix, l'argent de ce Prix sera adjugé, par les Juges de la Course, à la jument qui en sera arrivée la seconde au but.

Le premier Commissaire aux Courses nommé par Louis XVI a pour nom Louis Gabriel d'Armentières, marquis de Conflans, lieutenant général du royaume. Il tire sa légitimité par son passé de cavalier d'exception, notamment en Angleterre où  ses compétences y sont en parfaitement reconnues au point qu'une épreuve porte son nom de l'autre côté du Channel : The Conflans stakes. La première édition de cette course a été disputée à Brighton en 1784. Peu à peu, la situation économique et sociale du royaume de France vont conduire le roi à mettre un terme à ces manifestations – la dernière réunion des Prix du Roy se déroulera donc le 7 novembre 1783 à Fontainebleau.

En savoir plus sur l'histoire des courses : Histoire des courses : La Révolution Française,Histoire des courses : Le règne de Bonaparte, Histoire des courses : Le règne de Louis-Philippe

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